Construire un bâtiment d’élevage pour chevaux ne consiste pas seulement à créer une surface couverte. Le projet doit répondre à l’organisation du cheptel, aux périodes de pâturage, aux besoins alimentaires et aux conditions de travail de l’éleveur. Pour son élevage de Percherons, M. Berger avait une problématique précise : mettre ses chevaux à l’abri pendant l’hiver afin de limiter le piétinement des prairies, tout en disposant d’un volume important pour stocker le foin et la paille. Les Établissements BOBET ont réalisé une écurie de 2 700 m², longue de 90 mètres, qui associe hébergement collectif, stockage et toiture photovoltaïque. Cette réalisation montre comment les usages quotidiens d’une exploitation peuvent guider la conception d’un bâtiment agricole de grande dimension.
L’exploitation de M. Berger s’inscrit dans une longue histoire familiale. Éleveur depuis 1990, il représente la quatrième génération de sa famille à travailler avec des chevaux. Son activité est aujourd’hui principalement tournée vers le Percheron, avec des juments et des mâles élevés notamment dans une perspective de reproduction. Certains chevaux sont ensuite vendus en France ou à l’étranger.
L’exploitation compte environ 130 chevaux. M. Berger exploite près de 140 hectares et dispose d’une surface importante en prairies. À cette activité s’ajoute la production de foin nécessaire à l’alimentation des animaux. La gestion des surfaces, des stocks et des périodes durant lesquelles les chevaux restent au pâturage forme donc un ensemble étroitement lié.
Cette réalité illustre pourquoi l’activité doit guider la conception. Avant de déterminer la surface ou les dimensions d’un ouvrage, il faut comprendre comment il sera utilisé, à quelles périodes et pour quels flux d’animaux, de matériels ou de produits.
Avant la réalisation de la nouvelle écurie, une cinquantaine de chevaux restaient dehors pendant tout l’hiver. Cette organisation présentait un inconvénient majeur : lorsque les sols étaient humides, le piétinement des chevaux détériorait les prairies.
Les conséquences se prolongeaient au-delà de l’hiver. Une prairie fortement sollicitée pendant les mois humides dispose de moins bonnes conditions pour retrouver son potentiel au printemps. Pour l’éleveur, le besoin n’était donc pas simplement de protéger les chevaux des intempéries. Il fallait pouvoir modifier l’organisation hivernale du cheptel afin de préserver les surfaces nécessaires au pâturage durant le reste de l’année.
La construction d’un grand bâtiment métallique agricole devait apporter une réponse à cette problématique tout en restant cohérente avec le fonctionnement général de l’exploitation. Les solutions proposées par les Établissements BOBET pour les ouvrages destinés aux exploitations permettent précisément d’adapter la structure à sa destination et aux contraintes propres à chaque activité.
Le bâtiment réalisé mesure 90 mètres de longueur sur 30 mètres de profondeur, soit une surface totale de 2 700 m². Ces dimensions répondent à plusieurs fonctions réunies dans le même volume : l’accueil des chevaux pendant l’hiver, leur alimentation et le stockage du foin et de la paille.
Pour M. Berger, cette réalisation correspond à une « écurie moderne ». L'expression traduit bien la différence avec une organisation équestre traditionnelle composée d'une succession de boxes individuels. Ici, le bâtiment a été pensé en fonction d'un élevage dans lequel les chevaux vivent par groupes.
L’ouvrage n’est pas isolé. Son usage ne l’exige pas : il s’agit avant tout de protéger les animaux de la pluie et des conditions hivernales pendant quelques mois. Cette caractéristique rappelle qu’un projet cohérent n’accumule pas nécessairement les équipements. Les choix constructifs doivent correspondre aux conditions d’utilisation réellement recherchées.
Les Établissements BOBET disposent d’un bureau technique intégré qui traduit les contraintes d’exploitation en données utiles à la conception, à la fabrication puis au montage de la structure.
L’aménagement intérieur constitue l’une des particularités majeures de cette réalisation. Le bâtiment comporte cinq cases de 10 mètres de largeur sur 15 mètres de profondeur, soit 150 m² par espace.
M. Berger y regroupe des lots d’environ 10 à 15 chevaux qui ont l’habitude de vivre ensemble. Les animaux ne sont donc pas confinés individuellement dans de petits boxes : ils disposent d’un espace collectif dans lequel ils peuvent se déplacer.
Les chevaux évoluent sur une litière accumulée. De la paille est ajoutée régulièrement et le curage intervient une ou deux fois pendant l’hiver selon l’organisation décrite par l’éleveur. Les animaux disposent également de cornadis spécialement adaptés aux chevaux, afin que chacun puisse accéder à son alimentation dans de bonnes conditions.
Ce cas montre concrètement que les dimensions générales ne suffisent pas à définir un bâtiment équin. La répartition des surfaces intérieures, le nombre d’animaux par groupe, leur circulation et les équipements doivent être considérés ensemble. Cette cohérence entre structure, enveloppe et aménagement rejoint la nécessité d’anticiper les installations intérieures dès la préparation d’un projet.
Le bâtiment n’a pas vocation à accueillir les chevaux toute l’année. M. Berger indique les regrouper principalement entre le 1er décembre et le 31 mars. Durant cette période, l’écurie permet de les maintenir à l’abri tout en évitant de solliciter continuellement les prairies.
Lorsque les conditions redeviennent favorables, les chevaux retournent à l’extérieur. L’été, le bâtiment se libère donc largement de sa fonction d’hébergement et peut ponctuellement répondre à d’autres besoins de l’exploitation.
Cette saisonnalité est importante pour comprendre la réalisation. La surface de 2 700 m² ne correspond pas à un espace figé dans une seule fonction. Son utilisation varie au cours de l’année en fonction du cycle de l’élevage.
La capacité d’un ouvrage agricole à répondre à plusieurs usages au fil des saisons fait partie des possibilités offertes par une organisation intérieure adaptable. Dans le cas de cette écurie, cette souplesse est directement liée au mode d’exploitation choisi par l’éleveur.
Le bénéfice recherché apparaît ainsi à l’échelle de l’exploitation entière. Mettre les chevaux à l’abri pendant la période hivernale permet d’éviter qu’une partie importante du cheptel ne piétine continuellement les parcelles lorsque les sols sont les plus sensibles.
Le bâtiment d’élevage pour chevaux devient alors un outil d’organisation des surfaces agricoles. Il ne remplace pas les prairies : il permet au contraire de mieux articuler leur utilisation avec les besoins saisonniers du troupeau.
Le projet Berger montre ainsi l’intérêt de partir d’une contrainte opérationnelle avant de définir la construction. La question initiale n’était pas seulement de savoir quelle écurie construire, mais comment organiser l’hivernage d’un nombre important de chevaux tout en préservant les surfaces dont ils auraient besoin quelques mois plus tard.
L’élevage de M. Berger implique également des besoins conséquents en stockage de fourrage. L’éleveur produit lui-même son foin et explique privilégier cette alimentation sèche pour ses chevaux.
Le foin présente cependant une contrainte physique évidente : il occupe beaucoup d’espace. Une partie du nouveau bâtiment bénéficie donc d’une hauteur importante afin de permettre le stockage de grandes quantités de bottes de foin et de paille.
Cette réserve disponible à proximité des animaux simplifie l’organisation hivernale. Le même bâtiment réunit ainsi les chevaux et une part importante des ressources nécessaires à leur alimentation et à leur litière.
Cette configuration complète utilement les réalisations déjà menées par ETS BOBET pour la mise à l’abri des récoltes, tout en présentant ici une particularité : le volume de stockage est directement associé à un élevage équin de grande taille.
La polyvalence de l’ouvrage ne résulte donc pas d’une simple recherche de surface. Chaque zone répond à une fonction précise : les grands espaces collectifs accueillent les chevaux, tandis que la hauteur disponible dans une autre partie du bâtiment est mise à profit pour les réserves.
Cette organisation montre l’importance de raisonner en volumes et en flux plutôt qu’en mètres carrés uniquement. La surface au sol doit être confrontée à la hauteur utile, aux déplacements, aux besoins de manutention et aux équipements nécessaires à l’activité.
Pour un exploitant, cette réflexion en amont permet de définir un ouvrage adapté au fonctionnement réel de l’exploitation plutôt qu’un volume standard auquel il faudrait ensuite adapter les pratiques.
Le projet possède une autre caractéristique majeure : sa toiture reçoit une installation photovoltaïque. Selon M. Berger, environ 2 500 m² de panneaux solaires sont installés sur le bâtiment, pour une puissance annoncée de 500 kVA.
Cette installation faisait partie de la réflexion économique menée autour de la construction.
La présence de panneaux en toiture doit être prise en compte dans la conception de la structure.
Le témoignage de M. Berger apporte ici une information intéressante sur l’arbitrage réalisé. Il explique que les frais de raccordement auxquels il était confronté auraient été proches pour une puissance de 300 kVA et pour une puissance de 500 kVA. Il a donc retenu la puissance supérieure.
L’éleveur indique également que le photovoltaïque a contribué à rendre économiquement possible son projet de bâtiment, tout en précisant que les conditions ont évolué depuis. Son expérience ne doit donc pas être interprétée comme un modèle économique transposable automatiquement à toute exploitation.
Chaque projet solaire dépend notamment de sa localisation, de sa puissance, des conditions de raccordement, de la configuration de la toiture et des paramètres économiques en vigueur au moment de son développement. La réalisation Berger illustre avant tout la possibilité de penser bâtiment agricole et production photovoltaïque dans une même opération.
Pour M. Berger, la coordination entre les différents intervenants constituait un point important du chantier. Il évoque notamment la réalisation des dés en béton destinés à recevoir le bâtiment et les ancrages sur lesquels vient se fixer la structure.
Ces éléments montrent une facette moins visible d’une réalisation métallique : avant que la charpente ne soit montée, les interfaces avec les autres ouvrages doivent être correctement préparées.
Pour cette écurie, M. Berger indique avoir choisi une réalisation clé en main avec les ETS BOBET. Cette formule correspondait à son souhait de disposer d’une prise en charge complète de la partie confiée à l’entreprise.
Les ETS BOBET proposent différentes modalités selon les projets, depuis la fourniture jusqu’au montage. La prise en charge complète du montage s’adresse notamment aux professionnels qui souhaitent limiter la mobilisation de leurs propres équipes pour l’assemblage de la structure.
Dans le cas présent, le retour du client souligne surtout la bonne coordination du chantier et la nécessité d’un dialogue efficace entre les métiers intervenant successivement.
Avec ses 90 mètres de longueur, l’écurie représente un volume important. Son intégration visuelle dans l’exploitation faisait donc partie des sujets à considérer.
M. Berger souligne la teinte marron retenue pour le bâtiment et sa cohérence avec les constructions en pierre présentes dans la cour. Il précise avoir été accompagné par un architecte dans cette réflexion.
Ce choix rappelle que l’architecture d’un bâtiment agricole de grande dimension ne se limite pas à sa structure. Le bardage, les proportions et les teintes participent à la manière dont l’ouvrage s’insère dans son environnement bâti.
Comme pour les autres constructions réalisées par les Établissements BOBET, la charpente repose sur une structure en acier galvanisé. La galvanisation est au cœur du choix constructif de l’entreprise et vise notamment à protéger durablement l’acier contre la corrosion.
Cette caractéristique prend tout son sens pour un ouvrage agricole appelé à rester durablement exposé aux conditions extérieures. Le site des Établissements BOBET présente la galvanisation comme un élément déterminant de la longévité de ses ossatures professionnelles sur mesure.
Le choix des ETS BOBET pour cette nouvelle écurie ne constituait pas une première collaboration. M. Berger avait déjà fait appel à l’entreprise en 2010, lors de la réalisation d’un auvent.
Cette continuité donne au projet une dimension particulière : le nouveau bâtiment accompagne une nouvelle étape dans le développement de l’exploitation, quinze ans après une première réalisation.
L’écurie de M. Berger montre surtout l’intérêt de concevoir un ouvrage à partir de son usage réel. Ses 2 700 m² répondent simultanément à l’hivernage d’une partie importante du cheptel, à la préservation des prairies, au stockage du foin et de la paille et à l’accueil d’une installation photovoltaïque.
Les cinq espaces collectifs de 150 m² traduisent également un choix d’organisation propre à cet élevage. Le bâtiment n’impose pas son fonctionnement à l’exploitant : sa configuration découle des pratiques, du nombre d’animaux et de la manière dont ceux-ci sont regroupés durant l’hiver.
Pour préparer un bâtiment d’élevage pour chevaux, les dimensions ne constituent donc qu’un point de départ. Les périodes d’occupation, les effectifs, l’alimentation, les circulations, le stockage, les équipements et les possibilités de valorisation de la toiture doivent être examinés ensemble.
Les professionnels qui souhaitent confronter leurs propres besoins à une solution constructive peuvent présenter leur projet aux équipes afin d’étudier la configuration adaptée à leur exploitation.