L'analyse du cycle de vie du bâtiment, un outil incontournable 

30 - Mars - 2023

Selon l’ADEME, l’agence de transition écologique, l’analyse du cycle de vie ACV est un outil performant mis au point à des fins d’expertise. Il mesure et évalue à partir de critères prédéfinis les impacts d’un produit, service ou procédé sur notre environnement. Cette avancée spectaculaire nous met face à nos responsabilités vis-à-vis de notre planète et de notre consommation de ses ressources. Dans le bâtiment, cet outil de mesure est une réponse à une demande émise par les acteurs soucieux de leur développement dans le respect de la réglementation.

L’approche « cycle de vie »

Une analyse de cycle de vie est un outil précieux pour les prises de décision. Ses résultats sont fiables et exploités pour des besoins d’écoconception, un affichage environnemental ou une mesure quantifiable des impacts pour sa classification dans l’échelle de mesure. Désormais, il est possible d’obtenir une évaluation des impacts environnementaux d’un produit, service ou procédé sur son cycle de vie entier. L’ACV devient un outil d’utilité publique et il a tendance à entrer dans la norme de production comme une étape incontournable. De nombreux domaines professionnels sont directement concernés, étant plus consommateurs de ressources naturelles, d’énergies fossiles et parfois émetteurs de gaz à effet de serre importants.

L’analyse de cycle de vie dans le bâtiment

Dans la construction, l’analyse du cycle de vie permet de comparer les impacts environnementaux à partir d’un périmètre et d’hypothèses définis. Les exigences applicables à un projet neuf doivent être vérifiées selon son usage, sa localisation et la date de sa demande d’autorisation. À consulter : bâtiments industriels.

Les étapes de l’analyse de cycle de vie d’un bâtiment

Les critères de cet outil s’organisent autour du cycle de vie complet d’une construction depuis l’extraction des matières premières employées jusqu’aux procédés de traitement en fin de vie des matériaux.
Cette mesure ambitieuse tient compte des étapes de fabrication, de transport et d’utilisation du bâtiment et de ses composants. Ces données se regroupent par étapes :

Les matières premières

Désormais, elles font l’objet d’une traçabilité avec la mention du lieu de provenance, la quantité d’eau et d’énergie utiles à leur extraction. Les émissions de gaz à effet de serre sont quantifiées. Les matériaux provenant de zones où la matière organique est renouvelable seront mieux classés que les matières premières issues d’énergies fossiles ou de carrières de minéraux naturels.

La fabrication des matériaux

Les éléments pris en compte dans la mesure seront ceux qui ont un impact environnemental conséquent. Ils comprennent l’habillage des façades, les revêtements de sols, peintures, adjuvants… Les constructeurs devront présenter des bilans environnementaux réduits pour être en accord avec les efforts demandés.

Les transports des composants

L’acheminement des matériaux vers les chantiers sera plus organisé puisqu’il faut désormais compter le nombre de véhicules nécessaires pour le transport et la manutention, les distances parcourues, la consommation de carburant… Ces critères devront être réduits ou optimisés.

La construction du bâtiment

Cette étape est très énergivore que ce soit en termes d’énergies utilisées, en génération de déchets à recycler et en consommation d’eau. Les préfabriqués sont privilégiés pendant la construction étant peu énergivores et recyclables en fin de chantier (ossatures légères, bâtiments modulaires).

L’exploitation

Le bâtiment sera maximisé dans sa performance environnementale. Rien n’est laissé au hasard puisque la durée de vie de ce dernier intègre son impact et ses émissions de gaz à effets de serre dans son fonctionnement (chauffage, consommation électrique, isolation) durant toute sa durée de vie.

La rénovation et la réhabilitation

La durée de vie d’un bâtiment et sa capacité à évoluer seront prises en compte. Cela met en avant la qualité des matériaux, leur recyclage en cas de rénovation avec un accent mis sur la facilité de réparation ou le réemploi possible du bâtiment.

La destruction

Anticiper la déconstruction, le tri et le réemploi des éléments permet d’étudier la fin de vie du bâtiment. Chaque option doit être documentée selon les pièces, les assemblages et les filières disponibles. L’analyse du cycle de vie aide à comparer ces choix avec les autres étapes du projet.

 Crédit photo : Adobe Stock

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